jeudi, mars 31, 2011

Poème, "Non-dit"

On ne m’avait jamais dit de ne pas trop me méfier,

Qu’en acceptant l’inconnu je n’invitais pas le néant

Au cœur de toute chose, à tout pétrifier,

À briser mes certitudes en leur suppléant.

Qu’une remise en cause n’allait pas vivifier

La douleur ancrée au fond d’un trou béant.



On ne m’avait jamais dit qu’on pouvait marcher tout droit

Sans se faire d’ennemis.

Je n’écrase aucun pied parmi

Ceux qui arpentent ce chemin étroit.

On y croise celui qui ne fait rien à demi

En pleine idolâtrie de son désarroi.



On ne m’avait jamais dit que le talent

N’était pas distribué équitablement. Ni que l’empathie

Ne trouvait pas d’équivalent

Pour profiter justement de ses fruits les plus aboutis.



On ne m’avait jamais dit que plusieurs vies

Étaient bénéfiques dans une seule.

Pour chaque souhait assouvi,

Je venge une frustration de mon aïeule.



On ne m’avait jamais parlé de l’adaptation

D’une manière que je puisse comprendre.

Par crainte de la liberté et de ses manifestations,

On ne m’avait encore jamais dit que je pourrais réapprendre.




Michael Castellanet