Poème, "Georges prospecte, ou La femme de l'écrivain"
Où est Georges ? Il prospecte.
Il est parti sous la pluie battante
À la pêche de petites idées frétillantes
Qui caressent l’intellect.
Ses certitudes ne le trahissent pas
Et lui évitent parfois des surprises.
Il connaît les intrigues que l’année autorise
Et collecte les concepts avec ses précieux appâts.
Il saura tirer le frein
Pour suivre un changement de cap.
Un cahier des charges n’est jamais un handicap
Pour qui n’espère rien.
Oui, il m’agace,
Alors je vous livre ses secrets.
Voici ses outils, ses engrais
Et les credo qu’il ressasse.
Comme mes plantes,
Je me laissais mourir de soif.
Le matin, devant le miroir, Georges chante
Et se sourit pendant qu’il se coiffe.
Il est devenu bas de plafond comme l’explorateur
Du dernier demi-étage.
Sans attendre davantage,
Je veux cueillir les fruits de mon sursaut salvateur.
Son art se résume
À être conscient au fond,
Convaincu en surface. Un typhon
Inerte et sans volume.
Il est un colosse aux petits pieds,
Laborieux, lent comme une damnation.
Obstiné, inlassable, régulier,
Il rate toujours sa cible en constante évolution.
Quant à moi je m’ennuie.
Des promesses ne m’ont pas été tenues.
Je vous couche par écrit tout le contenu
De ce que je vous ai dit, preuves à l’appui,
Si vous me libérez du quotidien.
Je prends les chèques ou les billets d’avion
Et vous vous en retournez à votre rédaction
Avec les secrets du tragédien-technicien.


0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home