dimanche, avril 10, 2011

Poème, "Georges prospecte, ou La femme de l'écrivain"

Où est Georges ? Il prospecte.

Il est parti sous la pluie battante

À la pêche de petites idées frétillantes

Qui caressent l’intellect.

Ses certitudes ne le trahissent pas

Et lui évitent parfois des surprises.

Il connaît les intrigues que l’année autorise

Et collecte les concepts avec ses précieux appâts.

Il saura tirer le frein

Pour suivre un changement de cap.

Un cahier des charges n’est jamais un handicap

Pour qui n’espère rien.

Oui, il m’agace,

Alors je vous livre ses secrets.

Voici ses outils, ses engrais

Et les credo qu’il ressasse.

Comme mes plantes,

Je me laissais mourir de soif.

Le matin, devant le miroir, Georges chante

Et se sourit pendant qu’il se coiffe.

Il est devenu bas de plafond comme l’explorateur

Du dernier demi-étage.

Sans attendre davantage,

Je veux cueillir les fruits de mon sursaut salvateur.

Son art se résume

À être conscient au fond,

Convaincu en surface. Un typhon

Inerte et sans volume.

Il est un colosse aux petits pieds,

Laborieux, lent comme une damnation.

Obstiné, inlassable, régulier,

Il rate toujours sa cible en constante évolution.

Quant à moi je m’ennuie.

Des promesses ne m’ont pas été tenues.

Je vous couche par écrit tout le contenu

De ce que je vous ai dit, preuves à l’appui,

Si vous me libérez du quotidien.

Je prends les chèques ou les billets d’avion

Et vous vous en retournez à votre rédaction

Avec les secrets du tragédien-technicien.




Michael Castellanet