vendredi, avril 08, 2011

Poème, "Présente-toi à moi"

Présente-toi à moi les mains ouvertes et en avant,

Les oreilles déployées et le jugement suspendu.

Ce ne sera qu’en faisant et répétant souvent

Que tu comprendras ce que tu auras entendu.

Écoute, regarde, ne rate pas ta chance,

Ne te trompe pas de route en répondant à l’appel.

Tu es au centre mais tout en bas de l’échelle.

J’ai eu ton âge et j’ai éprouvé son arrogance,

Et ce sentiment de déjà se connaître.

Mais la conscience et les rêves sont des traîtres

Opérant dans le noir de l’inexpérience.

Il y a certaines erreurs à ne pas commettre

Quand les enjeux te sont cachés, immenses.

Tu ne te laisseras pas gouverner par la peur ?

C’est un dicton courageux, mais j’ai entendu tes pleurs

À travers ta fenêtre. Ils ne sont pas contagieux.

Je n’ai pas eu pitié pour toi, mais de toi, fils...

Tes poings se serrent et ton front se plisse.

Ne veux-tu pas entendre ce que se disent les adultes ?

Tu prends des observations pour des insultes,

Concentre-toi sur le contenu.

Il est dense, nous avons du travail...

Où est-ce que tu vas ?

Bon. Il reviendra, le temps est à la grisaille.

Rentre, Maeva.

Ton frère est parti mais le couvre-feu est maintenu.




Michael Castellanet