Poème, "Cérébral"
J’attendais le grand réveil pour commencer à rajeunir.
Tournez-moi vers le soleil et le goût devrait me revenir.
Mes sentiments sur mon visage se sont brouillés, illisibles,
Depuis que soulever un orteil est devenu un effort à fournir.
Mon expression hors d’usage, mes attentes sont imperceptibles.
Il est venu le temps de ne plus guetter l’instant,
Le moment de saisir la minute avant qu’elle ne passe,
Tant que l’esprit reste consistant
Et l’envie de survie vivace.
Un jeune de passage vient me nourrir,
Me revigore d’un massage et de quelques exercices,
Refusant de me laisser pourrir.
Il compare son tour de poignet à mon tour de cuisse,
Cherchant à me faire réagir, je pense.
Il l’ignore mais ma motivation est entière.
Je pousse un peu plus loin et soutiens la cadence
Dans mon combat de l’âme contre la matière.
Sorti de danger, je fais connaissance avec le jeune homme.
Il n’est pas bien cultivé, ni aiguisé à la discussion,
Il s’embrouille et certaines idées l’assomment.
Je ne ressens plus de connexion.
Il discerne aussitôt mon insidieux repli,
M’avertit que si je replonge dans le monde de l’abstraction
Je pourrais anéantir ce qui était rétabli.
Je le regarde et suis frappé par la vitalité qu’il transmet :
Je m’aperçois qu’il m’a sauvé deux fois et à tout jamais.


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