lundi, janvier 09, 2012
mercredi, juillet 20, 2011
Gare forestière





lundi, juin 06, 2011
"Consultation"

Un film d'Isabelle Bauthian
Avec Michael Castellanet et Bernard Le Coq
Image : Etienne Muller
Scénario : Isabelle Bauthian
Cliquez ici pour les photos de tournage.
mardi, mai 31, 2011
Poème, "Cérébral"
J’attendais le grand réveil pour commencer à rajeunir.
Tournez-moi vers le soleil et le goût devrait me revenir.
Mes sentiments sur mon visage se sont brouillés, illisibles,
Depuis que soulever un orteil est devenu un effort à fournir.
Mon expression hors d’usage, mes attentes sont imperceptibles.
Il est venu le temps de ne plus guetter l’instant,
Le moment de saisir la minute avant qu’elle ne passe,
Tant que l’esprit reste consistant
Et l’envie de survie vivace.
Un jeune de passage vient me nourrir,
Me revigore d’un massage et de quelques exercices,
Refusant de me laisser pourrir.
Il compare son tour de poignet à mon tour de cuisse,
Cherchant à me faire réagir, je pense.
Il l’ignore mais ma motivation est entière.
Je pousse un peu plus loin et soutiens la cadence
Dans mon combat de l’âme contre la matière.
Sorti de danger, je fais connaissance avec le jeune homme.
Il n’est pas bien cultivé, ni aiguisé à la discussion,
Il s’embrouille et certaines idées l’assomment.
Je ne ressens plus de connexion.
Il discerne aussitôt mon insidieux repli,
M’avertit que si je replonge dans le monde de l’abstraction
Je pourrais anéantir ce qui était rétabli.
Je le regarde et suis frappé par la vitalité qu’il transmet :
Je m’aperçois qu’il m’a sauvé deux fois et à tout jamais.
lundi, mai 23, 2011
Poème, "Introspections"
Tu fais le point sur tes pensées avant l’heure de la sieste
Que tu ne manques jamais d’honorer.
Tu les perçois comme une soupe indigeste,
Un champ de bataille à explorer.
Les deux mains dans l’immense pelote de laine multicolore,
Tu cherches le bout d’un fil, n’importe lequel.
Tu te crois une vieille âme pour qui rien n’est indolore,
Mais tout se passe, et ne demeure aucune séquelle.
Quel sera l’apprentissage du jour ?
Si rien ne te vient, ton temps aura-t-il été perdu ?
Tu te plais à chercher de nouveaux plans tordus
Pour convertir tes idées en actes de bravoure.
T’observant réfléchir, tu te sens profond
Et plein de mystère,
Rebattant à coups de chiffon
Des concepts gorgés de poussière.
Ils sont plus ou moins les tiens :
Tu ne te souviens plus bien
Lesquels tu avais entendus, ou lus dans un magasine,
Ni de leur impact sur toi ou de leur contexte d’origine,
Et lesquels tu as mis sur des pieds branlants,
Érigés en murs de carton face à des vents violents.
vendredi, mai 20, 2011
Poème, "La vie à deux"
En tendant une oreille indiscrète
J’entendis s’abattre sur leur tête
Le doute qui les transit
Quand ils dirent avoir choisi
La vie à deux.
Lui l’eût préférée à trois ou quatre,
Tandis qu’elle craignit un choix hasardeux,
Appréhendant un coup de théâtre :
Elle connaissait les statistiques de divorce
Mieux qu’elle connaissait son compagnon
Et n’accepterait aucune entorse
À la fidélité de leur union.
Toutefois les mots sortirent de leur bouche,
Lourds de sens et farouches,
Comme posés là pour mieux les retenir.
Nécessaires pour se tourner vers l’avenir.
Il leur faudrait alors combattre la routine,
Pallier à l’ennui par plus de sophistication.
Monsieur se pourvoirait en brillantine
Et en crédits à la consommation.
Mademoiselle, devenue Madame,
Leur ouvrirait les portes
Des cercles mondains de la ville morte
Avec son prochain sésame :
Le prestige du temps que l’on sait ralentir,
Passé à l’apprentissage des loisirs
Et de tout ce qui figure une bonne âme –
Une dauphine devenue femme.
Armés des anecdotes de la journée,
Ils auraient de quoi discuter le soir
Et se sentir ainsi, par des moyens détournés,
Partager une même trajectoire.
Ce fut ce qu’ils virent immédiatement,
Mais ils étouffèrent ces images.
Le remarquant, je trouvai cela dommage
Qu’ils le firent secrètement.
vendredi, mai 13, 2011
Poème, "Sillage"
Ne te retiens pas pour moi, je n’irai pas tellement plus loin.
Tu aboutiras et j’en serai l’heureux témoin,
Cela me suffit, respecte l’ordre des choses.
Je ne peux pas répondre aux questions que tu te poses
Car il n’y a là aucun dilemme.
Tu récoltes petit à petit ce que tu sèmes
Et d’être second ne m’a jamais posé problème –
Je ne crois pas en cette partie du système.
Je ne vais pas te faire un discours puisque rien ne s’arrête.
Je serai curieux, par contre, d’entendre tes bottes secrètes
Quand tu auras élucidé de nouveaux mystères.
Je te les emprunterai de façon rudimentaire
Pour continuer d’apprendre à défaut de découvrir.
Car un art qui végète ne peut que s’appauvrir
Et car, toujours amis et sûrement partenaires,
Je pourrai me risquer dans le sillage électrique que tu génères.
vendredi, mai 06, 2011
Poème, "Panorama"
Je plante mon drapeau pour le principe
Mais certainement, d’autres sont déjà venus ici.
Je l’accepte un peu mieux – je me suis adouci.
Avec le temps, quelques illusions se dissipent.
Le passé, comme partout, est ici empilé en strates
Sous mes chaussures dessinées par des hommes de science.
Je voudrais alors prendre la mesure de mon insignifiance
Pour me simplifier la vie, mais mes failles se colmatent.
C’est un système de défense :
Le scepticisme me provoque un sursaut d’arrogance.
Je ne ressens pas d’harmonie avec ce lieu,
Aucun plaisir sur ce terrain capricieux.
J’attends des représailles violentes du climat,
Les nuages d’encre se massent et s’étirent.
Mon moral reste égal sous mon masque de cire.
Je tourne le dos au panorama.
dimanche, mai 01, 2011
Poème, "Lâcher prise"
Golf de Boulogne, parking, clubs dans le coffre.
Courtes discussions polies, marche jusqu'au practice.
Concentration, balles dans le seau.
Attention à la position, se remémorer tout ce qu'a dit le prof.
Pieds, genoux, hanches, épaules, mains.
Yeux plissés, lèvres se pincent, frappe.
Pas mal ; pas terrible. Ma bataille préférée s'engage :
Contre moi-même. La prochaine balle ira plus loin.
Frappe, cri contenu, un peu plus loin.
50 mètres, puis 60, 45, 22 – le club m'a glissé dans les mains.
Un petit mal de tête pointe : trop concentré.
Mais je n'ai pas fait la route pour rien, je me détends,
Fais craquer le cou, déplisse le front.
Avant de frapper, je m'entends penser :
"Le corps connaît les solutions."
Je n'ai pas regardé où est tombée la balle, je sais que le coup était bon.
C'était agréable, je recommence. Un autre bon coup,
Mais surtout, un air de renouveau.
Je respire mieux, je sens la température, je ne regarde plus l'heure,
J'ai une meilleure vision périphérique.
La chanson maudite qui me trottait dans la tête s'en est allée.
Le plaisir n'est pas venu du golf ou de la découverte,
Le plaisir n'en est pas vraiment un :
C'est un état, dont je me souviendrai, que je veux réussir à retrouver.
Facile ou pas ? À voir, dès demain.
Je remplis un nouveau seau de balles
Et j'entends les quelques voitures alentours.
Je ne m'étais pas surpris depuis longtemps.



